Il était une fois un Anglais pas comme les autres…
1 septembre 2007Il était une fois un Anglais pas comme les autres…
La Grande-Bretagne est le berceau du sport automobile, le berceau des équipes le
s plus prestigieuses, comme McLaren, Lotus… Ou bien Williams. Cette équipe, qui longtemps, était la plus capée de la Formule 1, ne serait rien sans son fondateur, Frank Williams. Retour sur 46 ans de sport automobile…
Tout commence le 16 Avril 1942 à Jarrow, au nord est de l’Angleterre, non loin de la frontière Ecossaise. En ce jour de douleur et de privations nait Francis Owen Garbatt
Williams, fils d’une enseignante et d’un officier de la R.A.F. (Royal Air Force). Durant ses jeunes années, Frank est inscrit à l’école St Joseph de Dumfries, dans le sud-ouest Ecossais et est un travailleur plutôt assidu, mais a la fin des années 1950, un ami lui fait conduire sa Jaguar XK150, dès lors, les automobiles ne le quitteront plus…
Frank Williams, n’arrivant pas à progresser en tant que pilote, décide de se reconvertir, et en 1966 naît le Frank Williams Racing Cars et se lie d’amitié avec un pilote dont il est pour quelques jours seulement, l’aîné, Piers Courage. Il fait rouler Piers, ainsi que Richard Burton, Tetsu Ikuzawa et Tony Trimmer en Formule 2 et Formule 3. Le pilote Londonien étant le plus rapide, Frank tente de le faire rentrer en Formule 1. Après une année avec des châssis Brabham de l’année précédente et de bons résultats, il lui achète des châssis à Alessandro de Tomaso en 1970, mais lors de la course Néerlandaise, Courage, parti de la 9eme position, vraisemblablement suite a un problème mécanique, la
voiture s’envole, puis retombe et s’écrase sur un talus avant de s’enflammer. La combustion est d’autant plus rapide que le châssis de la voiture est en magnésium. Piers ne survivra pas à cet accident. Il avait 28 ans. Williams décide alors de se séparer de De Tomaso. L’année suivante, il fait débuter Henri Pescarolo en compétition pour l’équipe March. En 1972, Williams crée sa propre équipe de F1, Politoys. Mais ce dernier sponsor quitte très vite l’équipe, et Pescarolo détruit le seul châssis de l’équipe. La première équipe Williams n’aura pas duré longtemps. Désormais dans le rouge côté budget, Frank Williams tente de contacter des sponsors : Iso et Marlboro sont d’accord pour lancer une nouvelle équipe (bien que ce dernier sponsor soit bien plus occupé avec un compatriote de Frank Williams, un parfait inconnu du nom de Ron Dennis…). En 1973 naît ainsi Iso-Marlboro. En deux ans, l’équipe engagera trois châssis et non moins de treize pilotes mais marque finalement 6 points. En 1974 cependant, Renzo Rivolta, le patron d’Iso, décide de virer Frank Williams et Marlboro. Son équipe ne durera pas longtemps non plus.
En 1975, Williams, esseulé, décide d’abandonner la recherche de mécènes et se jette dans le bain : il crée le Williams Grand prix Engineering et recrute de nombreux pilotes pour conduire la FW puis la FW04, et lors de la course Allemande, Jacques Laffite finit seco
nd. En 1976, l’équipe ne marque aucun point, et disparaît en 1977, reprise par Wolf pour créer Wolf-Williams, projet qui n’aboutira pas. Revenu en 1978, Williams recrute Alan Jones, seul pilote, qui fait un podium lors de la course est-américaine. En 1979, Jones, et Regazzoni remportent les premières victoires de l’équipe, et cette dernière est vice-championne. En 1980, Jones est sacré champion, l’équipe également. Des crises internes entre Jones et Reutemann empêchent le sacre pilote mais offrent celui des constructeurs en 1981. En fin de saison, Williams vire Jones, remplacé par Rosberg. Deux courses plus tard, Reutemann est écarté au profit d’Andretti puis de Daly. En cette saison 82, Williams finit quatrième, mais la victoire de Rosberg durant la course suisse (disputée a Dijon) le propulse vers le titre. En 1983, Frank Williams fait débuter un jeune pilote prometteur, Ayrton Senna… Mais jusqu’en 1986, Williams ne gagne plus de championnats, et cette année là, une nouvelle fois, une lutte interne entre Piquet et
Mansell empêche de récupérer la coupe des pilotes, au profit de celle des constructeurs. Cette saison sera également le théâtre d’une catastrophe : alors qu’il revient en voiture du circuit du castellet, Frank Williams est victime d’un terrible accident de la circulation, et est miraculeusement en vie, mais est désormais tétraplégique. En 1987, Piquet gagne, avant, une fois n’est pas coutume, de se voir montrer la porte. L’année suivante, Williams est hors du coup, et ce jusqu’en 1992, année ou Mansell remporte le titre. Frank Williams est si heureux de voir son équipe et ses pilotes champions, qu’il dit à Mansell qu’il ne sera pas de la partie en 93… Le soir même de son titre ! Frank remplace également Patrese par Hill. En 1993, Alain Prost arrive, aux côtés du britannique, et remporte le titre. 1994, année maudite… L
a saison débute mal, la FW16 est rétive, et Senna et Hill ont du mal en début de saison, jusqu’à la course d’Imola… Ayrton Senna se tue, et Hill est propulsé premier pilote, mais a quoi bon, en cette saison où le sport fut bafoué plus qu’autre chose ? La saison se termine par un ridicule accrochage avec Schumacher. Dernière course remporté par Mansell, revenu chez Williams, et qui apporte le titre constructeur. Mansell, qui pense pouvoir continuer en f1 malgré ses 41 ans, fait l’erreur de demander un contrat au patron… Il devra aller voir ailleurs. 1995 est du même acabit. En 1996, Damon Hill est
associé a Jacques Villeneuve et les Williams dominent la saison : 12 victoires en 17 courses. Hill est sacré au Japon, et est, devinez quoi… Mis à la porte ! En 1997, Jacques Villeneuve l’emporte et sacre Williams, après un duel avec Michael Schumacher. Williams remporte ses 15e et 16e couronnes. Puis, plus rien… Le retrait de Renault y est évidement pour beaucoup. Impuissantes face aux McLaren puis aux Ferrari de 1998 à 2000. En 1999 cependant, Frank Williams devient l’un des premiers non-Français à recevoir le titre de Chevalier de la Légion d’Honneur, il est également anobli par la reine Elisabeth II. Sir Frank Williams, comme il est désormais nécessaire de l’appeler, finit second en 2002 et 2003, avant de rechuter a partir de 2004, avec notamment le pire classement de l’histoire de l’équipe en 2006, avec une huitième et poussive position. En 2007, un léger mieux pour cette équipe trentenaire… De retour au sommet ?
Frank Williams, parti de rien, est, en quelques années à peine, arrivé au sommet de
la F1, à l’instar de son opposé et compatriote Ron Dennis, à l’opposé de son motoriste Toyota… Un exemple d’opiniâtreté, de volonté, mais aujourd’hui, quand la F1 est le monde des grands constructeurs, y-a-t-il encore une place pour ceux qui sont partis de rien il y a 30 ans, que restera-t-il de Williams quand son homonyme aura passé la main ?
Coyote37
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Jaguar : Wikipédia
Piers Courage : Sergent.com.au
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Tags: F1, McLaren, pilote, Prost, Renault, Senna
